Éditorial
Accélérer les réformes à long terme
Le système de santé suisse absorbait 5,4% du produit intérieur brut (PIB) du pays en 1970, puis 8,2% en 1990 et 11,3% en 2006. Ces dernières décennies, tous les pays occidentaux ont accru leurs dépenses en santé publique, en même temps que la longévité et la qualité de vie progressaient. Par ailleurs, le secteur de la santé fournit un nombre non négligeable d'emplois à des personnes qualifiées et a, en période de crise, un effet stabilisateur sur le marché du travail. Alors où est le problème? Ce tableau idyllique est trompeur car les besoins en financement progressent plus vite que lactivité économique du pays. Cela grève le budget des collectivités publiques et des ménages privés: alors que l'État a dépensé 9 milliards de francs en 1995 pour la santé, il y a consacré 15 milliards de francs en 2007. Les dépenses des ménages privés ont augmenté durant la même période de 24 à presque 37 milliards de francs. La Suisse est le pays où la part des dépenses de santé dans le PIB est la plus importante après les États-Unis. Les Pays-Bas y consacrent près de 2 points de moins quelle, alors que les deux régimes sont comparables. Force est de constater que le système suisse peut considérablement gagner en efficacité. Les orientations ont été définies il y a un certain temps déjà: elles ont pour noms «financement des hôpitaux», «obligation de contracter», «soins intégrés» et «compensation des risques». Le Parlement a arrêté des décisions dans différents domaines, principalement sur la question du financement des hôpitaux. Dans d'autres domaines, comme le modèle du médecin de famille, rien n'a encore été décidé. Il faut beaucoup de temps entre la définition et la mise en oeuvre de nouvelles réglementations en matière de santé, du fait de leurs incidences sur des systèmes extrêmement complexes. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine. La vague actuelle de hausse des coûts doit nous inciter à accélérer les réformes à long terme sans pour autant agir dans la précipitation.

