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Éditorial

La Politique agricole 2011 conduit l'agriculture vers le futur

Une chose est certaine, l'avenir réserve encore d'importants défis à nos agriculteurs. Les consommateurs veulent des produits de haute qualité à des prix avantageux, des paysages entretenus et un approvisionnement assuré. Il est également certain que la pression internationale en ce qui concerne l'accès aux marchés va s'accroître et peser, en retour, sur toutes les formes de soutiens intérieurs et de subventions aux exportations susceptibles de provoquer des distorsions commerciales: tout cela indépendamment d'un quelconque abandon de l'actuel cycle de l'OMC ou de la conclusion d'un accord de libre-échange agricole avec l'UE. La Politique agricole 2011 proposée par le Conseil fédéral apporte la réponse juste aux défis qui se posent à l'heure actuelle. Elle est dans le prolongement logique des réformes entreprises depuis le début des années nonante. Plutôt que de soutenir les prix à la production, nous préférons renforcer le système des paiements directs et maintenir une agriculture multifonctionnelle et durable. Nous voulons que les paysans - que ce soit pour eux-mêmes ou pour les secteurs situés en amont comme en aval - soient davantage incités à mettre en valeur le potentiel dont ils disposent. Nous ne pourrons améliorer la compétitivité de notre agriculture et les chances de ceux qui s'y consacrent, que si les coûts diminuent dans l'ensemble du secteur alimentaire, du fournisseur au producteur et du transformateur au grand distributeur. Freiner actuellement le mouvement de réformes, simplement parce que le cycle de l'OMC a été suspendu, serait fatal. Mettre en oeuvre la PA 2011 au rythme prescrit est à fois logique et approprié. Nous ne ferons pas courir le danger à nos paysans de devoir plus tard accélérer des réformes nécessaires parce que la pression se sera aggravée: par exemple lorsque la différence de prix entre la Suisse et l'UE se sera encore accrue. Si le Parlement accorde les moyens financiers nécessaires à la PA 2011, les transformations qui seront entreprises, resteront socialement supportables. Une agriculture dynamique a un avenir dans notre pays et je m'emploierai à ce qu'il en soit ainsi. Pour cela, sa productivité doit être rehaussée afin que les prix pratiqués soient accessibles à la population et assurent en même temps un revenu convenable aux travailleurs de l'agriculture. La PA 2011 répond à ces exigences.

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Doris Leuthard
Conseillère fédérale,Cheffe du Département fédéral de l'économie (DFE)



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