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Éditorial

Les prix du pétrole sont de précieux signaux

La montée spectaculaire des prix du pétrole a dominé les discussions sur l'évolution conjoncturelle, ces deux dernières années. Il ne faudrait, toutefois, pas en déduire qu'il ne s'agit que d'un problème passager, de nature purement conjoncturelle. Contrairement à ce qui s'était passé lors des crises du pétrole de 1973 et 1979, le renchérissement actuel de l'or noir n'est pas imputable à une réduction délibérée de l'offre de la part des pays de l'Opep. Il provient du gonflement de la demande consécutif au développement fulgurant de certains pays émergents, Chine en tête. Cela tient moins de la conjoncture que de l'évolution structurelle. Comme ces pays à forte démographie ne font que commencer leur processus de rattrapage économique, la demande en produits pétroliers continuera à croître pour se heurter à une offre qui, de par la raréfaction des ressources naturelles, se rétrécira de plus en plus à moyen terme. Dans ces conditions, les prix du pétrole ne pourront que poursuivre leur évolution à la hausse. Personne ne doute des conséquences fondamentales qu'une telle évolution aura pour l'économie. Celle-ci ne pourra s'accommoder d'une baisse massive de la consommation de pétrole qu'en passant par des mutations structurelles de grande ampleur; d'où la revendication, relativement fréquente depuis peu, d'une intervention de l'État aux fins d'encourager par tous les moyens ce processus de substitution. Or il serait vain de croire qu'une telle démarche puisse résoudre le problème de la raréfaction des ressources pétrolières. En réalité, nous sommes là en présence d'une démonstration très claire de la pertinence des signaux émis par les variations de prix au sein de l'économie. La raréfaction toujours plus rapide des réserves pétrolières et l'envol des prix qui l'accompagnera, aiguillonneront vigoureusement la recherche de technologies de substitution ainsi que leur utilisation. Ce n'est pas de la pure théorie; la réaction aux deux crises pétrolières le démontre bien puisque nous sommes, aujourd'hui, nettement moins tributaires des produits pétroliers que nous ne l'étions il y a trente ans. Il faut y voir un effet direct des signaux émis par les prix lors de ces deux crises.

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Pr Aymo Brunetti
Chef de la Direction de la politique économique,Secrétariat d'Etat à l'économie (seco), Berne



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