Éditorial
L'attrait du marché du travail et l'ouverture internationale, deux importants facteurs d'innovation
L'imagination est une ressource exceptionnelle car inépuisable. Enfant, l'être humain est déjà porté naturellement à explorer au-delà de l'appris et du connu. À l'âge adulte, sa curiosité se mue en une soif de découverte et s'exprime, dans son activité professionnelle, par une attitude créative qui pousse à sortir des sentiers battus. On parle d'innovation lorsque la curiosité et la soif de découverte confèrent une dimension économique à de nouvelles connaissances. L'innovation a de nombreuses sources. La recherche en tant que telle n'est que l'une d'entre elles. À vrai dire, il suffit souvent de trouver une application économique aux éléments de progrès contenus dans une formation ou de transposer des techniques connues dans un autre domaine. L'imitation tout comme le perfectionnement intelligent sont fréquemment sources d'ingéniosité. Les entreprises se sont rapprochées du marché dans leurs efforts pour innover. Ce faisant, elles se sont éloignées des percées de la recherche fondamentale en même temps qu'elles s'intéressaient davantage à l'amélioration des produits ou aux processus de production. Pour une économie développée comme la Suisse oú le coût du travail est élevé, l'innovation est capitale si l'on veut préserver les emplois et renforcer la compétitivité internationale. Notre pays occupe aujourd'hui une position de pointe dans le domaine de l'innovation, ainsi que le constate une étude de l'OCDE à paraître au début de l'année prochaine. Deux facteurs contribuent à ce bon résultat: l'attrait du marché du travail et l'ouverture de notre économie sur le monde. Ils nous montrent que notre politique économique doit poursuivre sur sa lancée. Nous pouvons, toutefois, faire mieux encore. Si la Suisse veut maintenir sa position voire l'améliorer, elle doit systématiquement renforcer la concurrence sur son sol et garantir une offre de formation de premier plan à tous les niveaux. Compte tenu de la réduction des marges et de l'accroissement de la pression concurrentielle, il est toujours plus difficile pour les entreprises de préparer le terrain des grandes innovations de demain. Dans ce contexte, le rôle de l'État est de créer de bonnes conditions-cadres et de veiller à la mise en place d'infrastructures favorables à l'innovation. Par souci d'équilibre, l'activité de l'État en matière de recherche ne doit pas d'abord être jugée à son utilité économique, mais à sa qualité scientifique. Si celle-ci est assurée, elle permet à notre économie d'améliorer sa compétitivité à long terme.

